le logo de la revue le Rouge et le blanc

06 octobre 2015 Rencontres > Portraits

image article

Antoine Foucault

R&B N°112 – Printemps 2014


Fils de Charlie Foucault du Clos Rougeard et de Françoise Foucault qui vinifia un temps au château Yvonne, Antoine a de qui tenir. Encore faut il savoir faire quelque chose de cet héritage. C’est en blanc qu’il a choisi de se réaliser en tant que vigneron. Sa cuvée Charpentrie 2010 nous a impressionné par sa maîtrise.

Antoine Foucault : vigneron accompli
A 37 ans à peine, le regard pétillant et l’allure juvénile, Antoine Foucault parle avec beaucoup de simplicité de son métier.
«  Tout petit, l’agriculture m’a plu. » déclare t’il, et c’est le travail des vignes qui l’attire toujours aujourd’hui. Après son BTS, il part travailler avec son père et son oncle au Clos Rougeard. Il garde un beau souvenir de ces 6 ans de transmission passés à travailler au côté de son père.
Intégrer le domaine familial n’est pas aussi simple que prévu. En 1999 on lui propose de reprendre des vignes sur le secteur de Brézé, réputé pour ses blancs, au lieu-dit la Ripaille. Au Clos Rougeard c’est justement sur les vignes de blanc qu’il avait eu le plus de latitude pour apporter sa pierre à l’édifice. Il y a une possibilité de louer du matériel agricole, une magnifique cave est à déblayer sous la maison de ses parents, place du Collier. Sans aucun argent en poche, avec sa compagne Caroline, ils montent le domaine du Collier.
S’appeler Foucault lorsqu’on démarre dans la région est plutôt un avantage mais c’est à double tranchant car le résultat est observé avec d’autant plus d’attention. Et surtout ca ne protége pas des mauvais coups. En 2001, 5.000 bouteilles se révèlent bouchonnées (TCA). L’analyse est claire, l’assurance rembourse mais 1 an ½ après. Pour un jeune domaine qui veut élever ses vins 2 ans en fûts c’est un coup rude. En 2009, rebelotte ! Cette fois c’est plus de 10.000 bouteilles qui sont concernées. Elles ne sont pas commercialisées et à ce jour l’expertise n’est toujours pas terminée ... Si on ajoute à cela les rendements minuscules des millésimes 2007, 2008, 2012 et 2013 on comprend les difficultés rencontrées pour « tenir ». Malgré cela « le domaine tourne »  comme dit Antoine, sans beaucoup plus d’argent qu’au début mais « on est pas très gourmand au quotidien » complète t’il.
L’aspect un peu démonstratif des premières années avec le bâtonnage des blancs ou l’extraction des rouges a vite été rangé aux oubliettes pour une vinification plus naturelle. Le soufre est utilisé a minima : un peu à la vendange dans les millésimes difficiles mais systématiquement à la mise (15 mg/l) simplement parce après quelques essais sans soufre, il a préféré le vin qui en avait un peu à celui qui n’en avait pas.
Il imaginerait bien la création d’un niveau supérieur de saumur-blanc auquel serait accolé un nom de commune ou de secteur (Côte-des-blancs, Saumur-Brézé, Saumur-Berrie, etc …), plus limité que ce qui s’est fait en rouge et plus qualitatif que le décret actuel. Il est heureux de voir ses collègues plus « communiquant » faire parler de l’appellation en bien. Lui préfère rester tranquille dans ses vignes et ne fait quasiment aucun salon. Derrière ses yeux d’adolescent turbulent se cache un homme d’expérience bien dans sa peau de paysan-vigneron.