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24 juin 2016 La revue > N° 121 - Été 2016

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LeRouge&leBlanc n° 121

Été 2016


• Vouvray - Demi-secs et moelleux
• Espagne/Andalousie - Bodega Barranco Oscuro
• Champagne - Emmanuel Brochet et Frédéric Savart
• Vallée de la Loire - Domaine de Bellivière
• Anniversaire - Les 30 ans du domaine Catherine & Pierre Breton
• Coup de cœur - Podere Gualandi (DOCG Chianti Colli Fiorentini)
• Coup de cœur - Domaine de La Tour du Bon (En-Sol IGP Méditerranée)
• Coup de cœur - Domaine Andrée (Anjou)
• Portrait - Ingrid et Jean-Philippe Bouchet (Côtes du Rhône)


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Sommaire

N° 121 - Été 2016



VOUVRAY

Demi-secs et moelleux

Vallée de la Loire > AOC Vouvray
Domaine François Pinon - Domaine François Chidaine - Domaine Vincent Carême - Domaine Allias - Domaine Sébastien Brunet - Domaine Huet - Domaine des Lauriers - Domaine de Beaumont (Mathieu Cosme) - Domaine d'Orfeuille - Domaine Florent Cosme - EARL Damien Pinon - Domaine Denis Meunier - Domaine du Margalleau - EARL Maillet - Domaine Perrault-Jadaud - Domaine La Croix des Vainqueurs - Domaine du Petit Coteau

BODEGA BARRANCO OSCURO

Bodega Un voyage en altitude

Espagne > Andalousie
Brut Nature - Brut Nature rosé - V de Valenzuela - Blancas Nobles - Vino Costa - Rubaiyat - Cuvée 1368 - Pino Rojo - Xarab.

EMMANUEL BROCHET - FRÉDÉRIC SAVART

Champagnes de terroir

Champagne > Premiers crus > Villers-aux-Nœuds et Écueil
Champagnes Emmanuel Brochet Le Mont Benoît - Haut-Chardonnay - Les Hauts Meuniers 2013
Champagnes Frédéric Savart L'Ouverture - L'Accomplie - La Dame de Cœur - Mont Benoït - Expression.

COUPS DE CŒUR

Podere Gualandi

IGT Toscane-DOCG Colli Fiorentini Chianti Colli Fiorentini - Foglia Tonda - Vinum.

Domaine de La Tour du Bon

IGP Méditerranée En-Sol.

Domaine Andrée (Stéphane Érissé)

Anjou.

DOMAINE DE BELLIVIÈRE

Le réveil du Loir

Val de Loire > Jasnière et Coteaux du Loir
Vieilles Vignes Éparses - Hommage à Louis Derré - Haut-Rasné - Philosophale - Calligramme - Élixir de Tuf - Aurore d'Automne - Vin de Paille.

ANNIVERSAIRE

Les 30 ans du domaine Catherine & Pierre Breton

Vallée de la Loire > Bourgueil et Chinon
Les Perrières - Clos Sénéchal - Les Picasses.

ÉVÉNEMENT

34e Paulée des vins de Loire

Vallée de la Loire
Domaine de la Haute Févrie - Domaine des Guyons - Domaine Ogereau - Domaine Claude Riffault - Domaine Roche Bleue - Domaine du Bel Air.

LIVRES
Climats et lieux-dit des grands vignobles de Bourgogne Marie-Hélène Landrieu-Lussigny et Sylvain Pitiot Éditions de Monza et Éditions du Meurger.
Le Silence Jean-Claude Pirotte Éditions Stock.

PORTRAIT
Ingrid et Jean-Philippe Bouchet (Côtes du Rhône)
Paysans-vignerons




ÉDITO


Annus horribilis

On ne mesure peut-être pas encore pleinement l’ampleur des conséquences des calamités climatiques qui se sont abattues sur une bonne partie du vignoble français en ce début d’année 2016. L’ensemble de la Bourgogne et de la vallée de la Loire, une partie de la Champagne, et quelques zones plus isolées (notamment dans le Sud-Ouest et l’Alsace), ont subi en quelques semaines un terrible gel tardif et plusieurs orages de grêle particulièrement destructeurs. De nombreux vignerons ont d’ores et déjà perdu la quasi-totalité de leur millésime 2016. Une majorité connaîtra, une fois de plus, une amputation de leur future récolte, après une série de millésimes déjà peu généreux ces derniers temps, comme 2012, 2013, et même parfois 2015. Et le cycle de la vigne ne fait que commencer… D’autres problèmes peuvent survenir d’ici les vendanges. La forte humidité de ces dernières semaines crée, par exemple, des conditions favorables aux maladies, en particulier le mildiou. Le plus grave étant sans doute que, pour les régions les plus touchées, ces fléaux climatiques auront également des conséquences négatives sur le millésime 2017, voire 2018… Le gel des bourgeons posera des problèmes pour la taille l’an prochain, et les impacts des grêlons sur les bois des ceps fragiliseront les vignes atteintes. C’est dire si la situation économique de nombreux vignerons risque d’être catastrophique dans un an. Surtout ceux dont la notoriété de leur appellation ne permet pas de pratiquer des prix suffisamment rémunérateurs pour “encaisser” le choc en disposant de réserves financières conséquentes. On pense, par exemple, au Muscadet dont les parcelles sont régulièrement lorgnées par les producteurs nantais de muguet et de mâche.
Au-delà de la tristesse, quels constats peut-on effectuer et quelles réactions faut-il envisager face à ce véritable désastre ? Peut-être, pour commencer, par éprouver un sentiment de révolte face à ces dérèglements climatiques de plus en plus fréquents et violents, très probablement dus à un réchauffement climatique, et sans doute imputables à une activité humaine mal maîtrisée. Certainement aussi, par de la colère vis-à-vis des différents organismes officiels de la vigne et du vin, l’Inao notamment, qui semblent refuser l’usage aux vignerons de filets anti-grêle pourtant autorisés dans de nombreux pays viticoles (Espagne, Italie, Argentine, …), mais également en France pour les cultures arboricoles et le raisin… de table. L’Inao considère que ces filets “modifient le terroir”, dans la mesure où ils agissent sur le vent, la lumière et la pluviométrie, en recréant un climat sous le filet. On en reste sans voix, quand on sait que ce même organisme autorise pourtant, dans certaines conditions, l’irrigation de vignobles, et ne sourcille pas devant des pratiques culturales qui détruisent les terroirs…
Inévitablement, se posera aussi la question de la solidarité nationale, et donc des compensations financières qui seront accordées aux domaines victimes de ces dégâts. On comprendrait mal que l’État vienne au secours des sinistrés des récentes inondations, et ne joue pas le même rôle protecteur face à des dizaines de vignerons au bord de la faillite (et aux très nombreux emplois induits). Mais peut-on faire confiance à un monde politique qui a produit et pérennisé la désastreuse loi Évin, quand, par exemple, une loi de 2003, votée par nos voisins espagnols, déclare dans son préambule que « Le vin et la vigne sont inséparables de notre culture » ? Il y a au moins une solidarité dont on peut être certain (en tout cas LeRouge&leBlanc vous y encourage !), c’est celle que nous pouvons tous manifester dans nos caves personnelles : à chacun d’acheter et de boire, dans les vignobles sinistrés, les vins qu’il aime chez le producteur qu’il apprécie, paru ou pas dans notre magazine.

Philippe Barret

ERRATUM Est-ce rassurant ? En tout cas, en vingt ans LeRouge&leBlanc n’a pas changé. Dans notre numéro 46 de mars 1996, nous nous excusions pour une confusion commise dans un article, entre Pouilly-Fumé et Pouilly-Fuissé. Vingt ans plus tard, en mars 2016, nous avons commis la même erreur dans notre éditorial du numéro 120. Nous demanderons à nos successeurs d’être particulièrement vigilants dans notre futur numéro… 200 de mars 2036 !