Comptes-rendus

Le domaine Macle se met au vert...

Jura, Château-Chalon

Il arrive même aux grands noms reconnus de se remettre en question. Pionnier en agrobiologie avec les préceptes de la méthode Lemaire-Boucher appliqués dès les années 60, le domaine Macle a décidé de franchir le pas d’une certification en bio qu’il a démarrée en 2015. Le premier millésime à en bénéficier sera donc 2019.  

Les ajouts de produits étaient déjà réduits à un minimum, puisque Laurent Macle n’utilisait pas d’engrais, pas d’insecticides, ni de fongicides depuis des années. Seul un peu de désherbant était appliqué sous le rang. Ce n’est désormais plus le cas. Un labour est réalisé dans l'intercep sous les pieds.

Pour lutter contre les maladies cryptogamiques, le domaine a décidé de limiter les doses de bouillie bordelaise contre le mildiou et a généralisé l’emploi du soufre contre l’oïdium.

Dans la gamme des vins longtemps immuable, il y a déjà quelques années que les clients peuvent se procurer un Chardonnay oxydatif élevé entièrement sous voile (2005) et même une confidentielle cuvée de Chardonnay ouillé (2007), alors que la tradition oxydative était généralisée auparavant (Chardonnays et Savagnins élevés sous voile pour réaliser la cuvée d’assemblage de Côtes-du-Jura, dans une proportion habituelle de 85% / 15%). Les vins gagnent en précision depuis plusieurs millésimes.

 

Concernant l'usage du soufre, le domaine a réduit ses doses. L'analyse du dernier Château-Chalon révèle un soufre libre de 6 mg par litre, pour un total de 34. Voilà ce que nous en a dit Laurent Macle :

"Je n'ai pas mis de SO2 à la mise en bouteilles comme c'est un vin sous voile. Je mets 2g/hl à la mise pour les Côtes-du-Jura afin de les protéger à l'embouteillage. On a réduit les doses de SO2 mais il faut faire attention. En 2009, sur les CDJ, on avait un PH très haut, étant donné que nous vendangeons tard. Avec une dose sûrement trop faible de SO2, le vin aurait tendance à madériser."

Les vins dégustés au domaine (Juillet 2019)

 

Côtes-du-Jura 2014 (Chardonnay sous voile)

Jolie complexité aromatique, Noix verte, épices, cajou. Le vin est rehaussé par une belle acidité. Un complexe minéral se développe en finale.

 

Côtes-du-Jura 2015

Il s'agit de la cuvée d'assemblage traditionnelle, Chardonnay et Savagnin en proportion de 85% / 15%. Il y a 3 mises différentes de cette cuvée.

Le millésime est riche en matière, opulent. Le nez est malté, orge et céréales. Il offre une belle déclinaison d'épices, curry et safran. Bouche longue et structurée, un vin à mettre de côté. Il fait penser à 2009 qui est une splendide réussite.

 

Château-Chalon 2010

Le nez est plus discret. C'est un peu l'antithèse de 2009. En bouche, le vin se révèle rond, minéral, très long, et sapide.  Probablement un beau vin de gastronomie.

 

Château-Chalon 2011

Millésime très réussi, comme le sera également 2013, il est très expressif. Il est plus puissant au nez, noix verte, épices. En bouche il a une jolie trame de minéralité et s'achève subtil et aérien.

 

Macvin du Jura

Il s'agit d'un breuvage composé de 2/3 de jus de raisin encore non fermenté et 1/3 de marc.

S'il n'est pas facile à placer dans une dégustation, du fait de son titrage alcoolique et du sucre, il n'en est pas moins de grande qualité, très savoureux et long. C'est une bouteille à faire goûter en apéritif voire même en accompagnement d'un dessert.

 

Vue sur Menétru-Le-Vignoble depuis le belvédère de Château-Chalon