LeRouge&leBlanc n°137

En raison de l'épidémie de COVID-19, la distribution du courrier est perturbée.
Il se peut que vous receviez le revue plus tardivement que d'habitude.

La revue

N° 137
13 €
13 €

Carignan, cépage maudit ou cépage magique

Cairanne, un cru qui s'est fait attendre

Dégustation/Enquête le Carignan

À la rencontre du Domaine de la Soufrandière et des Bret Brothers (Maconnais)

Naissance : le syndicat de défense des vins nature'L

  • Domaine Les Maoù (Vin de France, Lubéron)
  • Domaine André Kleinknecht (Alsace)
  • Domaine Nicolas Jacob (Jura, l'Etoile)
52 pages
Lire un extrait
Extrait de la revue

Corona vinus

 

 

Avant tout, nous espérons que vous avez traversé cette période compliquée sans soucis majeurs de santé pour vous-mêmes et vos proches, et que vous avez pu, malgré tout, “déconfiner” de belles bouteilles pour éclaircir ces quelques semaines sombres !

 

La crise sanitaire de ce printemps 2020 n’a pas épargné le monde du vin. Les ventes se sont effondrées et ce phénomène touche particulièrement les vins que nous apprécions le plus, ceux que nous défendons dans ces colonnes. La situation d’un nombre important de domaines est grave, parfois alarmante, et les plus fragiles en trésorerie risquent sans doute la faillite.

La “congélation” générale de la vie sociale et des échanges économiques aura de graves conséquences pour de nombreux vignerons. En effet, dans les deux filières principales de diffusion des vins de qualité[1], les cavistes et la restauration, les ventes ont été totalement stoppées ou presque pendant deux mois, sauf sur les sites Internet (+70 %). Elles n’ont repris que timidement fin mai dans le réseau des cavistes, essentiellement en faveur de vins à bas prix, la vente des “Bag-in-Box” (BIB) ayant même explosé durant cette période, une menace inquiétante de nivellement par le bas pour l’avenir.

 

Si les cavistes (y compris les sites Internet) ne représentent “que” 10 % des ventes[2], les 150 000 restaurants français écoulent plus de 600 millions de cols, soit un tiers du total. La fermeture de tous les restaurants a donc arrêté net les ventes. Par bonheur le vin se conserve et les bouteilles invendues ne sont pas perdues (à condition d’avoir la place pour les stocker), mais, par contre, la trésorerie de tous les domaines souffrira… Nous avons une pensée particulière pour ceux qui ont déjà connu récemment une série d’années difficiles pour des raisons climatiques (gel et/ou grêle dans la Loire, le Beaujolais, la Bourgogne…) ou de maladie (en particulier les “flambées” de mildiou dans le Languedoc, le Bordelais et le Rhône sud). Deux régions sont particulièrement anxieuses : la Champagne dont les ventes en France et à l’export se sont encore plus effondrées que les autres, et la Provence, avec sa dépendance excessive à un rosé qui lui restera sur les bras faute d’une saison touristique normale. Et, quelle que soit la région, on doit s’inquiéter aussi et surtout pour les jeunes vignerons récemment installés, en pleine phase d’investissements et qui subiront un manque de trésorerie au plus mauvais moment…

 

De façon bien moins grave, la crise sanitaire a eu également quelques conséquences sur Le Rouge & Le Blanc et particulièrement sur la réalisation de ce numéro. Par bonheur, nous avions pu organiser avant le confinement toutes les dégustations nécessaires, mais sans pouvoir nous rendre ensuite sur place comme d’habitude pour visiter les domaines retenus dans les sujets “Carignan” et “Cairanne”. Nous espérons que vous ne ressentirez pas la différence, mais ces visites se sont déroulées en “télétravail”, par téléphone. Et les photos de la quasi-totalité des articles de ce numéro ont été fournies par les vignerons concernés ou, en partie pour Cairanne, par le syndicat de l’appellation. Sauf accident, le numéro de septembre sera, lui, réalisé dans des conditions tout à fait normales et nous reprendrons enfin le chemin des vignes dès cet été ainsi que nos dégustations collégiales.

 

D’ici là, croisons les doigts pour nos vignerons favoris et soyons solidaires avec eux en multipliant nos achats de vins pour les aider à surmonter cette crise.

 

 

LE ROUGE & LE BLANC

 

 

[1] Si la grande distribution, sans doute un peu moins touchée par la crise, représente, en volume, la moitié des ventes en France, on peut considérer que ces ventes ne concernent que très marginalement les vins qui sont commentés dans les colonnes du Rouge & Le Blanc.

[2] Tous les chiffres proviennent du site de Vin et Société (https://www.vinetsociete.fr/chiffres-cles), une mine d’informations sur la filière vin.